Il y a des jours où on voudrait juste respirer, ralentir, pleurer peut-être, ou juste être, sans avoir à justifier, performer, prouver ou produire. Mais dans notre société axée sur la performance, où l’on célèbre la productivité et la résilience à tout prix, nos émotions profondes n’ont souvent pas de place. Et encore moins quand on est femme.
La société de la performance : un décor qui laisse peu de place au vrai
Dès l’école, on nous apprend à “contrôler nos émotions”, à être efficaces, à performer. On valorise celles et ceux qui sont productifs, souriants, solides, constants. On parle de résilience comme d’un trophée, mais à force de serrer les dents, on finit par se perdre de vue.
Le hic ? Les émotions réprimées ne disparaissent pas. Elles s’accumulent, se figent dans le corps, ou ressortent plus tard, sous forme de fatigue chronique, d’irritabilité, de douleurs, d’angoisses… ou de vide.
Et les femmes dans tout ça?
Les femmes portent souvent une double pression : celle de réussir dans leur carrière, tout en assumant la gestion du foyer, des enfants, des repas, des rendez-vous médicaux, du linge, des anniversaires… Ce qu’on appelle la charge mentale. Et malgré cette pression, on attend d’elles qu’elles soient disponibles, bienveillantes, souriantes, parfaites.
Dans cette course au “tout faire bien”, il reste peu d’espaces pour dire qu’on va mal, pleurer, exprimer une colère, oser déplaire, reconnaître qu’on est fatiguée, ou tout simplement demander de l’aide.
“Tant de femmes s’effondrent en silence, en croyant qu’elles ne sont pas assez, alors qu’elles font déjà l’impossible.”
À lire:
Le syndrome du sauveur et le perfectionnisme : pièges invisibles
Beaucoup de femmes (peut-être toi aussi) portent en elles ce syndrome du sauveur : vouloir aider tout le monde, être présente pour les autres, répondre aux besoins de chacun… quitte à s’oublier. C’est noble, mais ça épuise.
Ajoute à cela un perfectionnisme bien ancré – cette croyance que “ce n’est jamais assez bien”, qu’on doit faire plus, mieux, avec le sourire – et tu obtiens un cocktail explosif. Une femme performante à l’extérieur… mais souvent épuisée, anxieuse ou en colère à l’intérieur.
Et où va cette colère ? Cette tristesse ? Cette fatigue ? Elles sont souvent refoulées. Parce que dans notre monde, il n’y a pas de place pour la vulnérabilité. Ou du moins, on nous a appris qu’il ne fallait pas en montrer trop.
Le coût de ne pas s’écouter
À force de s’oublier, on finit par ne plus savoir ce qu’on ressent vraiment. Ou alors on se surprend à craquer “sans raison”, à avoir des douleurs inexpliquées, à être submergée par une fatigue qui ne passe pas.
Ce ne sont pas des caprices. Ce sont des signaux du corps et du cœur qui disent : “Hé, écoute-moi. Tu as besoin de te déposer. De t’exprimer. De respirer.”
Le corps finit toujours par parler quand on ne l’écoute pas.
Recréer des espaces pour exister en vrai
Il devient vital de recréer des espaces pour se reconnecter à soi, libérer ses émotions, ralentir le rythme. Que ce soit dans un cercle de femmes, une pratique artistique, un journal intime, une thérapie, une marche en nature, une séance de danse intuitive ou simplement un moment seule en silence.
Exprimer ce qu’on vit ne fait pas de nous des personnes faibles. Cela fait de nous des êtres humains.
Ce qu’on peut commencer à faire dès aujourd’hui :
Prendre 5 minutes par jour pour demander : “Comment je me sens, là, maintenant?”
Nommer ses émotions sans jugement : “Je suis triste”, “Je suis en colère”, “Je suis fatiguée”
Apprendre à dire non, sans culpabilité.
Sortir du réflexe de sauver les autres pour se recentrer sur ses propres besoins.
Créer ou rejoindre des espaces bienveillants pour parler vrai.
Lâcher le masque de la perfection et accueillir sa pleine humanité.
Et toi?
Quand as-tu pleuré ou crié pour la dernière fois, sans t’excuser?
Quand as-tu nommé une émotion, sans essayer de la cacher?
Quand t’es-tu choisie, simplement, sans culpabilité?
Il est temps de se réapproprier l’espace d’exister, avec nos forces et nos fragilités. De retrouver le courage d’être entière, pas juste performante.
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