Poids et Médicaments : Ce qu’on Ne te Dit Pas

1. Quand le traitement soigne… mais que la balance grimpe

Prendre un traitement hormonal ou un antidépresseur peut être une étape essentielle pour retrouver un équilibre émotionnel, physique ou hormonal. Mais pour beaucoup de femmes, surtout en pré-ménopause et ménopause, un effet secondaire imprévu se glisse dans l’histoire : les kilos qui s’installent.
Et ce qui rend la situation frustrante, c’est que ce poids en plus n’a pas toujours de lien direct avec une alimentation « moins saine » ou un manque d’activité — il peut être déclenché par les changements hormonaux et métaboliques induits par le médicament.

2. Comment les traitements hormonaux influencent ton corps

Le rôle d’un traitement hormonal substitutif (THS) est de rétablir ou compléter les niveaux d’hormones (œstrogène, progestérone, parfois testostérone) qui chutent avec la ménopause. Mais l’équilibre hormonal est un jeu délicat :

  • Redistribution des graisses : L’œstrogène influence où ton corps stocke la graisse. En excès ou en déséquilibre avec la progestérone, il peut favoriser le stockage autour du ventre et du bas du corps.

  • Rétention d’eau : Certaines formulations provoquent un gonflement dû à la rétention hydrique, souvent marqué au début du traitement.

  • Métabolisme plus lent : Quand le corps reçoit des hormones de l’extérieur, il peut ajuster certaines fonctions internes, réduisant légèrement la dépense énergétique au repos.

  • Sensibilité à l’insuline : Les variations hormonales peuvent parfois augmenter la résistance à l’insuline, ce qui rend plus difficile la gestion du sucre sanguin… et plus facile le stockage sous forme de graisse.

3. Pourquoi certains antidépresseurs font prendre du poids

Les antidépresseurs sont précieux pour stabiliser l’humeur, réduire l’anxiété et retrouver un sommeil plus réparateur. Mais certaines classes, en particulier les ISRS (comme la fluoxétine, la sertraline, l’escitalopram) ou les tricycliques, peuvent avoir un effet sur le poids :

  • Augmentation de l’appétit : Le cerveau reçoit un signal plus fort pour rechercher des aliments réconfortants, souvent sucrés et riches en glucides.

  • Perturbation des hormones de la faim : La leptine (satiété) et la ghréline (faim) peuvent être déréglées, ce qui fait que tu ressens la faim plus souvent ou plus intensément.

  • Moins d’activité spontanée : La fatigue ou une légère baisse de motivation peuvent réduire la dépense énergétique quotidienne, même sans que tu t’en rendes compte.

  • Changements métaboliques : Certains antidépresseurs modifient la manière dont ton corps utilise et stocke les calories, indépendamment de ce que tu manges.

4. Ce n’est pas une fatalité

Tout le monde ne réagit pas de la même manière.
Certaines femmes ne prennent pas de poids, d’autres voient une augmentation modérée (2 à 5 kg en quelques mois), et chez certaines, le changement peut être plus marqué.
Les facteurs qui jouent un rôle :

  • Type et dose du médicament

Chaque molécule agit différemment, et certaines sont plus susceptibles d’influencer le poids que d’autres. La dose compte aussi : un dosage plus élevé peut accentuer certains effets secondaires.

Sais-tu exactement quel médicament tu prends, à quelle classe il appartient, et si d’autres options existent avec moins d’impact sur le poids ?

  • Durée du traitement

Plus le traitement est long, plus le corps a le temps de s’adapter… et parfois de ralentir certaines fonctions métaboliques. Cependant, il arrive que les effets secondaires se stabilisent après quelques mois.

Depuis combien de temps prends-tu ce traitement, et as-tu remarqué un moment précis où la prise de poids a commencé ?

  • Métabolisme de base

Certaines personnes dépensent naturellement plus d’énergie au repos que d’autres. Avec l’âge et la perte musculaire, le métabolisme a tendance à ralentir — et un traitement peut accentuer ce phénomène.

As-tu déjà évalué ton métabolisme (par un professionnel ou avec un calcul en ligne) et sais-tu combien de calories ton corps brûle au repos ?

Voici mon guide sur comprendre les troubles métaboliques

  • Niveau d’activité physique

Même une légère diminution de mouvement dans la journée peut, sur plusieurs mois, influencer le poids. Ce n’est pas toujours lié au sport, mais à l’ensemble de tes gestes quotidiens.

As-tu remarqué que tu bouges moins depuis le début du traitement, même dans tes activités de tous les jours ?

  • Habitudes alimentaires

Les médicaments peuvent modifier l’appétit, le goût, ou provoquer des envies alimentaires spécifiques. Ce n’est pas seulement « manger plus », mais parfois « manger différemment ».

Ton alimentation a-t-elle changé depuis le début du traitement ? Ressens-tu plus souvent l’envie de sucré ou de plats réconfortants ?

Voici mon guide des associations alimentaires

  • Qualité du sommeil et gestion du stress

Le sommeil et le stress jouent un rôle clé dans la régulation des hormones de la faim et du stockage. Un mauvais sommeil ou un stress chronique peuvent amplifier les effets secondaires sur le poids.

Depuis que tu prends ton traitement, dors-tu mieux, moins bien… ou différemment ? Et comment gères-tu ton stress au quotidien ?

    5. Stratégies pour garder la maîtrise

    Bouger intelligemment

    • Marche rapide, danse, natation, musculation douce : tout ce qui entretient la masse musculaire augmente ta dépense énergétique au repos.

    • Évite les longues périodes assises : quelques minutes debout ou en mouvement toutes les heures font une différence.

    Manger pour stabiliser la glycémie

    • Mets l’accent sur les protéines maigres (poisson, poulet, œufs, tofu) et les fibres (légumes, légumineuses, graines, noix).

    • Limite le sucre ajouté et les produits à base de farine raffinée, qui favorisent les pics d’insuline et le stockage.

    • Voici un programme qui peut t’aider pour ça : Ma boîte à outil | Détox du sucre

    Gérer la rétention d’eau

    • Bois suffisamment d’eau et privilégie les tisanes drainantes (queue de cerise, pissenlit).

    • Réduis le sel ajouté et les aliments industriels riches en sodium.

    Ajuster avec ton médecin

    • Si la prise de poids est rapide et importante, parle-en : parfois un changement de molécule ou de dosage suffit.

    • Ne stoppe jamais un traitement sans avis médical : l’équilibre hormonal et émotionnel est prioritaire.

    6. Le message à retenir

    Les traitements hormonaux et antidépresseurs peuvent parfois jouer un rôle dans la prise de poids, mais ce n’est pas une condamnation à voir la balance grimper indéfiniment.
    En comprenant les mécanismes derrière ces effets, tu peux mettre en place des habitudes qui compensent l’impact métabolique… tout en conservant les bienfaits de ton traitement.

    Ta santé physique et émotionnelle est un tout : préserver ton bien-être mental et te sentir bien dans ton corps, c’est possible.

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